Pourquoi avoir choisi cet instrument ?
Mon père avait fait du violon et un peu d’alto, il m’a naturellement orienté dans cette voie, mais j’ai tout de suite préféré l’alto.

Quelques mots sur votre instrument ?
Mon instrument a été fabriqué en 2004, c’est encore un ado ! S’il devait être un personnage ce serait Totoro de Miyazaki, une petite bête qui râle et qui gronde.

Que faites-vous en dehors de la musique classique ?
Je pratique le jazz et le dessin, qui est ma grande passion. Je fais d’ailleurs partie de l’association caennaise ACCA BD. J’ai commencé à dessiner à 3 ans, c’est pour moi quelque chose de viscéral. Il y a une communication directe entre ce que l’on ressent et ce que l’on dessine. Il n’y a pas d’intermédiaire. J’arrive à transmettre du rire et de l’émotion, ce que je n’arrive peut-être pas à faire en mot ni même parfois en musique. C’est un moyen d’expression qui m’est capital. Mes dessins évoquent l’univers musical puisque ma petite héroïne est altiste. Les retours de concerts sont également l’occasion de caricaturer mes collègues musiciens dont j’aime forcer les traits de caractère !

Quelles sont les qualités que doivent avoir en commun un musicien et un dessinateur ?
Je dirais la rigueur, la régularité dans l’entrainement et le travail du geste. Trouver le geste adéquat, précis, sans hésitation, pour ne pas qu’il paraisse besogneux. Le crayon est comme un archet, il faut peaufiner l’attaque du geste.

Un compositeur que vous auriez aimé rencontrer ? Pour lui dire quoi ?
Rebecca Clarke, compositrice anglaise du début du XXème, qui est l’une des premières femmes musiciennes d’orchestre professionnelles. Pour la remercier d’avoir écrit l’une des plus belles sonates pour alto et piano en 1919, et échanger sur son parcours de femme compositrice et altiste.

Rêvez-vous parfois de musique ?
Oui, parfois ce sont des rêves où je me retrouve seul sur scène devant un public immense, à ne pas savoir quoi jouer !

Si vous aviez dû choisir un autre instrument ?
Mon cœur balance. Piano, violoncelle, trombone. Surement le violoncelle.

Avez-vous une anecdote de tournée ?
Plein. Si je devais choisir, ce moment de juin 2016 où nous avons joué à la Cité de la Musique – Philharmonie 2 et où notre ancien directeur général, Guillaume Lamas, m’a demandé de dessiner le Mont-Saint-Michel sur le mur des dédicaces. Moment fort, il ne fallait pas se louper !


Que diriez vous à une personne pour la convaincre d’écouter du classique ?
Que la musique de film qu’elle écoute, sans forcément y prêter attention lorsqu’elle regarde un film, découle de la musique classique, que la musique classique emprunte aux musiques traditionnelles, ancestrales ou au jazz. C’est une musique ouverte, vivante, qui se renouvelle sans cesse. Qu’elle retrouvera sans doute des émotions qu’elle a ressenties en écoutant la musique de John Williams, compositeur qui a beaucoup emprunté à Stravinsky, Mahler…

Une œuvre classique que vous conseilleriez à une personne qui n’en a jamais écouté ?
La 1ère suite de Bach pour violoncelle qui est incroyable.

Un moment particulièrement émouvant à l’Orchestre ?
La rencontre avec les Pygmées Aka lors du concert au Mont-Saint-Michel m’a particulièrement touché. Il y a également ce moment très fort où j’ai pu improviser en compagnie de Gilles Apap. Et un peu plus tard avec Adrien, mon collègue altiste, lors du spectacle « Le Siffleur », lui à la voix, moi à l’alto. Moment de partage intense.

Le programme dont vous rêvez ?
Mêler jazz et musique classique. Par exemple dans un programme assez classique alto / piano où je passerais de Benjamin Britten à Ornette Coleman, ou de Schumann à Thelonious Monk en créant des passerelles improvisées.

Quelle chanson chantez-vous sous la douche ?
En ce moment « Human » de Rag’n’Bone Man.

La série que vous suivez en ce moment ?
Game Of Thrones

La devise du musicien ?
« Qui se plante pousse ! »

Interview réalisée par Marion Brige pour l’ORN